États comprimés - Bruit quantique standard
L'inégalité de Heisenberg interdit de mesurer simultanément avec une précision infinie les valeurs de deux observables conjuguées (position et impulsion d'une particule, par exemple). Plus précisément elle impose que le produit des variances des observables conjuguées soit borné par une limite inférieure, fixée par la valeur du commutateur des deux variables.

Dans le cadre de la description quantique du champ électromagnétique, l'inégalité de Heisenberg, appliquée aux observables conjuguées du champ électromagnétique, implique l'existence de fluctuations quantiques du champ électromagnétique.

Lorsque la lumière est produite par un laser dont toutes les fluctuations d'origine mécanique, acoustique ou électrique ont été supprimées, les fluctuations quantiques donnent lieu à un bruit résiduel sur l'intensité lumineuse détectée. Ce bruit est connu sous le nom de bruit de grenaille (shot noise) ou bruit quantique standard.

On a longtemps considéré que le bruit quantique standard constituait une limite insurmontable. Mais au milieu des années 1980, plusieurs expériences ont montré que, si les fluctuations quantiques étaient inévitables, leur effet sur les mesures pouvait être contourné.

L'inégalité de Heisenberg impose une condition sur le produit des variances des observables conjuguées : il est donc possible de réduire les fluctuations d'une des observables sous le bruit quantique standard, au prix de voir les fluctuations de l'autre augmenter en conséquence. De tels états sont dits comprimés.